Journal de Bord #6 : On a vu grand

icifornie journal de bord 06

L’humeur du moment 

  • Collectif : « On a vu grand sur ce développement. C’est une belle aventure, mais elle est exigeante. En fonction de là où chacun en est de son activité pro : c’est l’empilement. On sera peut-être pas au rendez-vous de tout ce qu’on avait prévu, mais c’est pas grave, il faut qu’on prenne soin de nous aussi. On aime être au rendez-vous de ce qu’on s’est dit. Faut qu’on prenne un autre rythme. Un peu fatigués, on n’est pas là pour se faire mal. Important de le voir avant que ça devienne problématique. »

  • Isabelle : « Un tableur Excel pour organiser ma pensée, donner une direction et une structure. C’est ingrat, d’aller chercher les personnes individuellement. »

  • Béa : « Un carnet de to-do list super épais. »

Faits marquants et rencontres

  • Digitalisation des commerçants et artisans : L’ALPI 40 est venue contrôler la formation sur place. Peu de participants ce jour-là ; le formateur fait du sur-mesure.
  • Couturières d’ameublement : La formation FESTON se poursuit avec le collectif Casmau. Béa : « Des surprises avec Casmau : une vague d’énergie, une solidarité extraordinaire. »
  • Tuteurs agricoles avec le CFPPA : Véronique et Béa ont organisé à Mugron une journée de formation de tuteurs, de 11 h à 16 h. Format volontairement informel : un repas convivial — important pour eux — et un après-midi ludique avec des ateliers. Cette journée prépare une réponse conjointe à un appel à projet pour 2026.
  • Un nouveau venu dans Icifornie : Un habitant de 57 ans, rencontré au forum de la formation à Dax, entre dans le parcours. Il vit à cinquante mètres du Kl’hub. Il a des besoins de formation, qu’il négocie avec France Travail.

Réflexions et questionnements

    • Isabelle : « Il me manque des éléments de mesure, de retours. »
    • Comment mesurer une preuve de concept ? L’équipe pose une intention nette : se doter d’autres indicateurs pour le POC, décorrélés des chiffres et du nombre d’apprenants. C’est une décision de méthode, prise à neuf mois de la fin du projet.
    • Et son corollaire, formulé à l’envers : « Intéressant de voir : qui ne nous voit pas ? Car Icifornie et Ma Réussite Pro Chalosse n’ont jamais autant communiqué. »
    • Comment tenir le rythme sans s’abîmer ? La réponse est déjà dans l’humeur du jour : accepter de ne pas être au rendez-vous de tout.

Intentions et idées pour la suite

  • Prendre un autre rythme. Le dire, et pas seulement le penser.
  • Trouver des moyens de célébration, pour se dire qu’on a bien bossé. Peut-être un atelier dédié.
  • Séminaire du Kl’hub le 1er décembre.
  • Préparer le 20 janvier : un déjeuner, un vrai moment festif. Se réjouir. Penser à designer ce joli temps.

 

On a vu grand

Novembre au Kl’hub, ce n’est pas septembre. En septembre, tout commençait pour de vrai et ça tirait dans tous les sens. En novembre, les formations tournent, le financeur vient voir, les tuteurs déjeunent ensemble à Mugron — et l’équipe s’arrête un instant pour regarder ce qu’elle a mis en route. Le constat n’est pas amer. Il est lucide.

« On a vu grand sur ce développement. »

C’est une phrase qui peut s’entendre de deux façons. Comme un aveu, ou comme un état des lieux. Ici, c’est un état des lieux. L’aventure est belle, elle est exigeante, elle s’empile sur des activités professionnelles qui continuent par ailleurs. Alors on ne sera peut-être pas au rendez-vous de tout ce qui avait été prévu. Ce n’est pas grave. Ce qui compte, dans cette séance, c’est le mot qui suit :

« Il faut qu’on prenne soin de nous aussi. C’est important de le voir avant que ça devienne problématique. »

Ce n’est pas un renoncement, c’est de la prévention. Il y a une seconde décision, discrète, qui pourrait bien être la plus utile du projet : changer d’indicateurs. Compter autrement. Ne plus faire dépendre la démonstration du seul nombre d’apprenants passés par la conciergerie. Ce que produit Icifornie — une voiture prêtée, un tuteur formé, un artisan qui ose demander, un réseau qui s’ouvre — ne rentre pas dans cette colonne-là. Isabelle le dit à sa manière :

« Il me manque des éléments de mesure. »

Et Gilles retourne la question, ce qui est peut-être la meilleure façon de la poser : qui ne nous voit pas ? Reste le mois de décembre. Un séminaire le 1er. Puis le 20 janvier, un déjeuner qu’on veut festif — pas une réunion de plus, un moment. « Se réjouir : penser à designer ce joli temps. »

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