Le 20 janvier 2026 à Mugron, après le comité de pilotage au Kl’hub : un temps de partage autour d’un buffet et d’animations avec des commerçantes, des artisans, des formatrices et la Région.
Lieu : Pôle culturel le Belvédère, salle Adour, à Mugron.
Un joli temps de partage
L’idée datait de novembre. Dans le journal de bord, l’équipe s’était promis de préparer le 20 janvier comme « un vrai moment festif », de se réjouir de ce qui avait été fait, et de « designer ce joli temps ». Deux mois plus tard, la brume couvre la Chalosse au petit matin. Sur la route de Mugron, la lumière est belle, un vol de grues passe, des aigrettes se tiennent dans les champs. Au Kl’hub, la petite salle de réunion se remplit pour le comité de pilotage : douze personnes, des viennoiseries, et une matinée de chiffres, de parcours et d’idées pour la suite. À midi, on sort pour rejoindre la place Frédéric Bastiat.
Autour du buffet
Il y a là des entreprises de Mugron et d’Hagetmau, des partenaires de la formation, Eugénie Michardière et David Ovieve de la Région Nouvelle Aquitaine, qui suivent Icifornie depuis le début. Gilles le dira plus tard : « on avait tous les étages de la Région. »
J’extrais deux commerçantes d’une conversation animée, près du buffet, en promettant de ne pas les garder longtemps. Delphine Cabannes travaille à l’huilerie paysanne Oléande, sur la zone artisanale de Mugron. Dominique Lassabe tient une boutique de fleurs dans le bourg et une entreprise de parcs et jardins. Toutes deux ont suivi, à l’automne, la formation à la digitalisation des commerçants et artisans financée par l’ALPI 40 et accueillie à la conciergerie au Kl’hub.
Delphine dit être venue d’abord pour remercier : « Le Kl’hub est aujourd’hui, sur le paysage mugronnais, une structure riche d’initiatives, qui propose un panel d’animations et de formations. Là, en l’occurrence, c’est en direction des entreprises. » Elle connaissait le lieu de nom. « C’est la première fois qu’on met vraiment les pieds dans ce Kl’hub. Et je crois que ça porte à vouloir aller plus loin. Ça permet de s’ouvrir, professionnellement et personnellement, à de nouvelles initiatives, à de nouvelles personnes, à des rencontres. C’est chouette, vraiment. »
« Le Kl’hub est aujourd’hui, sur le paysage mugronnais, une structure riche d’initiatives, qui propose un panel d’animations et de formations. »
« Ça permet de s’ouvrir, professionnellement et personnellement, à de nouvelles initiatives, à de nouvelles personnes, à des rencontres. C’est chouette, vraiment. » »
Dominique, elle, a reçu le mail adressé à tous les commerçants et s’est inscrite parce que l’informatique et les réseaux sociaux étaient « une lacune, un manque ». L’ALPI, service public connu ici pour son soutien informatique, lui servait de gage de sérieux. Et le format tombait bien : le lundi, quatre demi-journées, « ça ne nous prenait pas la journée entière et ça nous permettait d’avoir ça en tête pendant plusieurs semaines ». Si elle est là aujourd’hui, c’est « plutôt pour comprendre en quoi le Kl’hub et les gens qui gravitent autour peuvent nous aider, nous aussi, dans nos problématiques. »
Elle avait déjà mis un pied ici, à l’époque où elle coprésidait l’association des commerçants, invitée au conseil de gouvernance du Kl’hub naissant. Elle y était allée une fois. « Rien jusque-là ne m’avait particulièrement interpellée sur ce qui était proposé. » La formation a rouvert la porte. « On a été très bien accueillis, c’est assez convivial, il y a des gens vraiment complètement différents, c’est ce qui rend l’endroit intéressant. Et la formation a été très sérieuse. »
Les deux ont découvert Brevo, un outil d’emailing et de newsletters. Delphine l’a déjà utilisé deux ou trois fois, « non sans mal », et compte poursuivre l’effort, à condition de s’imposer du temps pour ça. Dominique rit : « Ma motivation s’est arrêtée à la porte de sortie. J’étais très motivée en sortant de la formation, et après, le temps a eu raison de ma motivation. Mais je ne désespère pas. » Puis, plus sérieusement : « Ces formations nous permettent de sortir de notre quotidien et de voir qu’il existe des choses. On voit des choses qu’on ne verrait pas autrement, pour nos entreprises. »
« Ces formations nous permettent de sortir de notre quotidien et de voir qu’il existe des choses. On voit des choses qu’on ne verrait pas autrement, pour nos entreprises. » »
On me fait signe. Mon temps est terminé. Je les rends au buffet.
Regards croisés sur FESTON
Dans la foulée, trois femmes acceptent un regard croisé sur la formation des couturières d’ameublement, à une semaine de son terme. Sylvie Gazillon, de l’AFEPT, a créé le parcours. Nancy Van Es représente le collectif CASMAU, cinq entreprises de l’ameublement à Hagetmau. Yola Schreiber, couturière à la retraite et aujourd’hui formatrice, fait le lien entre les entreprises et l’organisme de formation : elle accompagne les stagiaires et rencontre les tutrices.
Yola parle la première et met les pieds dans le plat : « Le bilan va être un petit peu mitigé, parce qu’il ne va pas y avoir un emploi à la clé pour chaque stagiaire, point qui était quand même en attente. Ça, c’est dommage. » L’organisation a des choses à revoir, le démarrage a été compliqué pour cette jeune retraitée qui n’avait jamais eu l’occasion de former. « Mais le bilan est quand même positif. Les stagiaires ont eu une formation, et les entreprises ont pu voir qu’il y a des possibilités, pour le futur, de recruter. »
Pour Nancy, le positif tient dans la collaboration à trois, AFEPT, Kl’hub et CASMAU. « Sans cette structure, c’était très dur pour nous, les entreprises, de monter une formation écrite pour nous, sur mesure. » Le collectif y gagne une ancienne couturière devenue capable de transmettre, et une autonomie : « si on veut former dans le futur, on est moins dépendants. » Elle attend les recrutements, bien sûr, mais le but principal était ailleurs : « préserver ce métier. Avant, il était invisible. Avec la formation, on a communiqué sur le métier de couturière d’ameublement. Ça donne plus envie. »
Sylvie rebondit sur le mot. Préserver un savoir-faire ancien, et le proposer de manière moderne, sur mesure, sur un territoire. « On a mis de la structure dans notre parcours et ça se sent. Tout le monde a été sécurisé, à l’aise, ça a été progressif. » Il a fallu ajuster, parce que le vocabulaire d’un organisme de formation n’est pas celui d’une couturière, et qu’en AFEST on apprend aussi à dire ses compétences. « La prochaine fois, on pourra alléger certaines formalisations, avec un peu plus de pratique. Je suis contente que les six stagiaires soient restées, malgré des difficultés de mobilité, des précarités sociales. » Elle y croit encore : une préparation opérationnelle à l’emploi de 400 heures, et un CDD de six mois minimum derrière.
« Préserver un savoir-faire ancien, et le proposer de manière moderne, sur mesure, sur un territoire »
Nancy raconte aussi les premières semaines, quand chacun cherchait sa place. « Un moment, j’ai dit, surtout à Gilles : prends maintenant ton rôle de concierge. Ce n’est pas moi qui dois diriger les entreprises, les stagiaires et les formatrices. Qui fait quoi, au début, ce n’est pas facile. Mais ils ont écouté tout de suite, et après c’était plus fluide. » Sylvie confirme : le Kl’hub a tenu son rôle de conciergerie de formation, en mettant à disposition deux accompagnantes sur les dossiers personnels, la mobilité, le logement, et un lieu pour les temps d’analyse réflexive du vendredi, « avec du matériel, une salle, des petits gâteaux, du café, et la disponibilité pour vraiment voir comment ça va pour chacune». Sylvie, depuis Bordeaux, ne pouvait venir qu’une fois par mois.
Yola a le dernier mot : « Au départ, la plupart ne savaient pas coudre sur une machine. Arriver à réaliser un coussin, à réaliser tout ce qu’on avait demandé sur le référentiel : elles y sont arrivées. Ce qui a été fait, c’est vraiment quelque chose d’important. »
Présentation, posters et tirage au sort
Pendant le déjeuner, l’équipe a d’abord présenté Icifornie aux invités, notamment autour de jolis posters colorés racontant les concepts et les parcours. Puis une proposition de tirage au sort a désigné des entreprises à qui le Kl’hub allait offrir une demi-journée de prestation : audit RH, conseil, ….
Enfin, ceux qui le souhaitaient étaient invités à rejoindre Rémi MAUVOISIN, responsable du Fablab au Kl’hub autour d’une imprimante 3D : une belle opportunité pour repartir avec sa carte de visite personnalisée, gravée en temps réel sous les yeux des participants.
Et après
En mars, quand l’équipe est revenue sur cette journée, les avis se sont partagés. Isabelle : « génial à vivre, mais grosse frustration », celle de ne pas avoir réussi à assurer les retours après l’événement. Béa : « plutôt bienveillant, même s’il manquait du monde. C’est décevant à chaque fois, parce qu’on s’investit beaucoup sur la préparation. Le territoire est encore un peu sourd, ça m’embête. » Gilles : « J’ai un bon souvenir de tout ça. On a dit ce qu’on avait à dire. » Le déjeuner du concierge restera un rituel, une à deux fois par an, avec une reprise prévue à la rentrée.
Liens utiles
- Le déjeuner du concierge de juillet 2025 : https://icifornie.vox-territori.fr/le-dejeuner-du-concierge-juillet-2025/
- Top départ de la formation digitalisation des commerçants et artisans : https://icifornie.vox-territori.fr/top-depart-formation-digitalisation-des-commerces/
Note interne (brouillon) : à supprimer avant publication
Photos suggérées
À identifier dans l’inventaire photos : le buffet du 20 janvier, les posters d’Icifornie, photos d’ambiance + gravure laser des cartes de visite avec Rémi.



