Journal de Bord #4 : forêt, verger, désert et brume

icifornie journal de bord 04

Forêt, désert ou verger en fleurs ? Dans ce 4ᵉ journal de bord, l’équipe Icifornie explore ses paysages intérieurs, partage ses doutes, ses ancrages, ses rencontres décisives, et trace les contours d’un métier en train d’émerger : concierge de formation solidaire.

L’humeur du moment : si Icifornie était un paysage…

  • Véronique : « un désert, mais avec une oasis quelque part. Pas un désert mortel. On avance, on râle, on s’accroche. Un désert à traverser, c’est long à mâchouiller. On construit l’échafaudage, pour aller plus vite ensuite. »

  • Gilles : « un verger au printemps. Promesses, petits fruits, belles essences, mais risques de grêle ou de vent. Une belle année ou une année dure, il faut accepter ce qui ne dépend pas de nous. J’accuse quand même le coup de 18 mois sans congés, un peu de fatigue se fait sentir. »

  • Sylvie : « une forêt vierge qu’on défriche. On commence à tracer des sentiers. Des axes apparaissent. On est au milieu. »

  • Béatrice : « un brouillard. Peut-être plane-t-il au-dessus du beau verger de Gilles… La masse est là, je ne sais pas par où commencer pour secouer et la dissiper. Mal de tête, manque de clarté. »
  • Isabelle : « une forêt avec un volcan. Foisonnante, vivante, mais aussi en ébullition. Il faut aller chercher là où ça se niche, choisir une direction. J’ai besoin que la vision se resserre. »

Faits marquants et rencontres

  • Intégration dans le Comité Local pour l’Emploi (CLE) grâce à France Travail : légitimation d’Icifornie dans le réseau public de l’emploi (RPE).
  • Premières rencontres via la Task Force entreprises : ambulanciers, clinique enfance, CIAS d’Amou, EHPAD de Pomarez… Réceptions contrastées entre privé (plus ouvert) et public (réactions de défiance, parfois hostiles).
  • Réflexions avec le Campus connecté de Mont-de-Marsan (Catherine Monceau) : projet d’ETP partagé entre le campus et la conciergerie. Dossier NOVAPEC déposé pour envisager un cofinancement.
  • Structuration de l’offre de la conciergerie et du partage de valeur selon 3 niveaux de service (accueil d’apprenants / secrétariat pédagogique / apport d’affaires).
  • Rencontre forte avec Quitterie Lajus, directrice de la clinique pédiatrique Montpribat à Montfort en Chalosse : démarche de terrain ancrée dans les besoins réels, volonté d’engagement en formation locale.
  • Participation au webinaire de la MedNum : enjeux autour de l’illectronisme et des postes vacants en médiation numérique.
  • Le KLHUB rejoint le réseau des acteurs du numérique landais.

Réflexions et questionnements

  • Sentiment que la complexité institutionnelle peut ralentir les dynamiques : méfiance du secteur public envers les structures perçues comme extérieures ou privées, même associatives.
  • Constat d’un manque de reconnaissance passé, aujourd’hui en train d’évoluer grâce à l’intégration dans des réseaux comme le CLE ou la Task Force.

Intentions et idées pour la suite

  • Concrétiser la collaboration avec le Campus connecté
  • Développer les 3 niveaux de la conciergerie avec des outils et des cas pratiques.
  • Formaliser des conventions avec l’aide d’Alisson, juriste coworkeuse.
  • Renforcer le maillage avec les OPCO pour consolider les modèles économiques.
  • Continuer à proposer des solutions sur mesure en lien avec la réalité des structures, comme pour Montpribat : tutorat, soft skills, apprentissage…
  • Mise en lien avec No School à Mont-de-Marsan : réflexion à venir sur une potentielle collaboration.

 

 

Forêt, verger, desert et brume

 

Le cœur de l’été approche, mais pour l’équipe Icifornie, l’effervescence est toujours au rendez-vous. Après plusieurs mois d’expérimentations, de rencontres et de confrontations au réel, le collectif navigue entre fatigue, lucidité et visions foisonnantes.

Ce matin-là, la question posée est simple : Et si Icifornie était un paysage ? Les réponses se font poétiques.

Une forêt avec un volcan. » dit Isa. Foisonnante, verdoyante, mais avec du feu dessous. « Il faut aller chercher là où ça se niche.

Gilles voit un verger au printemps. De petits fruits, des promesses. Mais aussi la menace d’orages, de grêle.

Si c’est une bonne année, on va se régaler.

Béatrice, elle, est dans le brouillard. Avec un mal de tête persistant. Elle devine la masse mais ne sait pas par où la dissiper.

Véronique imagine un désert, mais pas un désert mortel.

On construit l’échafaudage. On s’accroche. Ce n’est pas confortable, mais ce n’est pas inquiétant.

Sylvie, enfin, voit une forêt vierge en défrichage. Des sentiers apparaissent.

On est au milieu, des voies se dessinent.

Cette matinée d’échange, c’est toute la richesse d’Icifornie. Des visions multiples. Des sensibilités diverses. Et au centre, cette même volonté : faire émerger quelque chose de concret, et d’utile.

Sur le terrain, l’équipe multiplie les démarches. Gilles est revenu un peu sonné de ses rendez-vous avec les structures médico-sociales :

Certains nous accueillent à bras ouverts. D’autres nous ferment la porte au nez.

Il constate une ligne de fracture entre public et privé. « Même nous, associatifs, on est vus comme le diable. » Mais ce travail d’approche paye : intégration dans le CLE, la task force entreprises, reconnaissance institutionnelle.

Et puis il y a cette rencontre forte avec Montpribat. Quitterie, la directrice, incarne une posture d’écoute et d’engagement rare. Une femme de terrain, entrée comme secrétaire comptable vingt-cinq ans plus tôt, qui connaît ses équipes comme sa poche. Elle réorganise les plannings pour s’adapter aux contraintes personnelles de ses salariés. Elle sonde les besoins avant de former. Une évidence : c’est avec des personnes comme elle que le projet doit s’ancrer.

Dans un autre coin du territoire, No School vient de s’installer et peine à recruter. Provoquer une rencontre permettrait d’en savoir plus, sur leurs besoins, leurs valeurs, leurs intentions pour le territoire, et pourquoi pas, trouver des terrains de jeux communs ?

Pendant ce temps, Sylvie affine son discours auprès des OPCO, participe à des webinaires, repère les lignes de financement. Elle revient du campus connecté de Mont-de-Marsan avec une vision plus concrète :

Ça m’aide à me projeter. Là, on voit ce que pourrait être une conciergerie qui monte jusqu’au bac+5

En parallèle, la conciergerie continue de structurer son offre. Trois niveaux de service sont désormais clairement identifiés :

  • Accueil de l’apprenant (10 % de la valeur),
  • Secrétariat pédagogique et administratif (20 %),
  • Apport d’affaires : sourcing d’apprenants, formateurs, entreprises (30 %).

Cette chaîne de valeur est à partager entre les partenaires. Encore théorique, elle devra bientôt être confrontée à des cas concrets. Mais elle esquisse les contours d’un nouveau métier : celui de concierge de formation solidaire.

Un métier qu’on invente ici au Kl’hub.

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