Journal de Bord #2 : sur la ligne de départ

icifornie journal de bord 02

Deuxième épisode du journal de bord de l’équipe cœur d’Icifornie : un récit au ras du terrain pour documenter l'avancée du projet.

L’humeur du moment

  • Véronique : « temps bas et nuageux, tendance à l’orage. Besoin de tangible, de concret. »

  • Gilles : « heureux de se retrouver, empathique sur les énergies qui sont là, et en même temps frustré que ça n’aille pas plus vite. »

  • Sylvie : « je me sens ancrée, la route de Bordeaux à Mugron au petit matin m’a été bénéfique. Côté météo je sens la présence d’une pluie bienfaisante qui va venir nourrir ce que l’on sème. »

  • Isabelle : « un mot clé pour moi en ce moment : c’est long ! Entre le temps de la rédaction de l’appel d’offre il y a 2 ans, et le moment de la concrétisation... »

Faits marquants et rencontres

  • Intégration progressive de Sylvie (partenaire AFEPT) dans le collectif : elle se sent accueillie malgré la complexité.
  • Discussions croisées autour du sens du récit, de la place de chacun.
  • Préparation de la rencontre du 10 juillet (premier déjeuner du concierge à Mugron) avec les partenaires.

Réflexions et questionnements

  • Le flou est encore là, mais on commence à mieux s’y mouvoir.
  • Comment mieux valoriser ce qui est fait, ce qui est vécu ?

Intentions et idées pour la suite

  • Continuer à renforcer le récit collectif comme levier d’adhésion et de compréhension.
  • Ne pas se décourager face à la lenteur perçue.
  • Préparer un 10 juillet marquant, révélateur des dynamiques à l’œuvre.

 

Sur la ligne de départ

C’est Véronique qui le dit. Le ciel est gris, mais ce n’est pas qu’une question de météo. On sent qu’il y a une forme d’impatience dans l’air. Celle d’avancer plus vite, de passer à l’étape d’après.

Autour de la table, les voix s’élèvent, à leur rythme.

Gilles, lui, reste calme. Il dit qu’il est content d’être là, que ces retrouvailles font du bien. Et surtout, il croit au récit. Cette mise en mots collective, pour lui, c’est fondamental : une manière de documenter, de prendre du recul, de tracer une mémoire.

Je suis frustré qu’on ne montre pas les choses superbes qu’on vit.

Isabelle partage ce besoin de sens et d’alignement, mais elle exprime aussi une forme de flottement.

C’est comme si le projet m’échappait un peu. Je n’arrive pas toujours à relier ce qu’on avait imaginé au début et ce qu’on fait aujourd’hui. C’est long. Mais c’est cohérent.

Elle se souvient des débuts, du temps de la réponse à l’appel à projets avec Gilles, il y a deux ans : Ça n’en finissait jamais, c’était laborieux. Et puis, soudain, un déclic :

Quand la Région est venue ici à Mugron. On est allés manger au café central sur la place. Là c’est vraiment devenu concret, on voyait des gens, leur réceptivité. Ce n’était plus simplement nous avec nos rêves et nos idées devant nos écrans.

Aujourd’hui, Isabelle pilote le projet Ma Réussite Pro Chalosse et voit des ponts clairs avec Icifornie :

Lorsqu’on identifie des besoins de formation, je me dis que c’est cohérent avec ce qu’on peut proposer via la conciergerie.

Elle évoque ce sentiment de puzzle qui s’assemble, pièce par pièce. Et le fait de raconter tout cela, notamment lorsqu’un média local lui tend son micro, renforce sa conviction :

Je m’entends le raconter, et ça me donne la conviction que ce qu’on fait est génial et cohérent.

Elle rit :

C’est bien ces moments d’auto-satisfaction, parce qu’au milieu, c’est souvent la nébuleuse !

Mais elle n’élude pas les frustrations :

J’avais rencontré une jeune femme qui aurait pu intégrer Icifornie avec une formation numérique. Mais elle est finalement partie avec l’AFPA… J’ai pensé : zut, c’est pas nous. Heureusement, j’ai Louise. Elle, c’est ma preuve par l’exemple. C’est l’exemple vivant dont j’ai besoin pour avoir du concret.

Isabelle questionne aussi cette forme d’invisibilité :

Je me demande souvent pourquoi tout le monde ne se précipite pas sur notre dispositif génial ? Je démarre mes présentations en disant : “C’est pas possible de se former en milieu rural.” Et puis j’enchaîne : “Si, en fait, c’est possible. Et c’est ce qu’on fait.” Mais je ne comprends pas pourquoi les gens ne viennent pas. 

Pour résumer ce moment de latence, elle convoque une image :

Je vois une ligne de départ, et Marie-Jo Pérec dans ses starting blocks. Le regard hyper focus sur l’objectif. Moi, c’est cette image qui me parle. Quand ça va partir, vous allez voir !

Et puis vient le tour de Sylvie. Elle travaille à l’AFEPT, partenaire clé d’Icifornie avec le KLHUB. Elle se souvient de son arrivée, en janvier :

Le même jour que l’investiture de Trump ! Une date qui marque.

À peine installée, Jean-Yves, le directeur de l’AFEPT, lui tend un gros dossier : c’était l’appel à projet Icifornie.

Elle raconte :

Pour moi, c’était comme entrer dans un nouveau monde. J’avais pas les codes, pas le langage. J’ai vadrouillé autour en cherchant la porte d’entrée.

Aujourd’hui, elle se sent à sa place :

Il y a une vraie joie à faire partie de cette aventure. Les valeurs, l’engagement de chacun… Ça me plaît, c’est certain. J’ai besoin de continuer à apprendre, à monter en compétences, chemin faisant.

Ce qui la rassure, c’est qu’ici, tout le monde est en chemin. Et que l’expérimentation est partagée.

 

Chacun repart avec ce mélange particulier : une inquiétude sourde, un élan vivace, et une confiance discrète. Le flou est là, mais il devient matière.
On se cherche, on doute, on s’encourage. On apprend à faire récit.
Et derrière la ligne de départ, dans les starting blocks, quelque chose bouillonne.
Le top départ n’a pas encore retenti, mais l’équipe, elle, est déjà lancée.

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