Deux idées simples, deux idées folles
Il y a des idées qui surgissent en observant les vides sur une carte, ces espaces oubliés où rien ne semble prévu.
Et d’autres qui émergent à force d’écouter ceux qui y vivent, qui y tiennent, et qui y restent.
C’est à la croisée de ces deux élans, la vision et l’écoute, qu’Icifornie a vu le jour.
Ce projet s’est ancré là où les besoins de formation sont criants, mais où les réponses classiques ne suffisent pas.
Il s’est construit sur un désir farouche de faire autrement.
Deux concepts, simples en apparence, puissamment transformatifs dans leur mise en œuvre, structurent le projet Icifornie. Deux lignes qui tracent peu à peu une autre géographie de l’apprentissage.
La formation distribuée : apprendre en restant ici
Apprendre là où l’on vit.
Ne plus avoir à quitter son territoire pour se former, évoluer, changer de voie.
C’est le postulat de départ d’Icifornie.
La formation distribuée, ce n’est pas seulement une innovation pédagogique. C’est un changement de focale.
C’est une réponse très concrète à un problème très concret : dans les Landes intérieures, l’offre de formation est rare, lointaine, et souvent inadaptée. Et ceux qui auraient le plus à y gagner sont aussi ceux pour qui s’y rendre est le plus difficile.
Alors, on inverse le paradigme.
On ne déplace plus l’apprenant vers la formation. On fait venir la formation à lui.
Concrètement, cela veut dire :
→ des parcours en alternance entre entreprises, tiers-lieux et organismes de formation partenaires,
→ des formateurs mobiles ou des modules à distance animés collectivement,
→ des modalités souples et pensées à partir de la réalité des apprenants,
→ un ancrage local fort pour faire émerger les formations d’ici, pour ici.
C’est ce qu’on appelle une formation distribuée : une formation éclatée, incarnée dans des lieux multiples, en prise directe avec le réel.
Un peu comme un patchwork cousu à plusieurs mains.
La conciergerie de formation solidaire : un nouveau métier du commun
Mais cette ingénierie ne tient pas toute seule. Il fallait imaginer une interface. Un tiers facilitateur. Un espace où accueillir, coordonner, prendre soin.
C’est là qu’est née l’idée un peu folle de la conciergerie de formation solidaire.
Une conciergerie de formation, à quoi ça sert ?
À faire le lien entre les acteurs.
À fluidifier. À rassurer. À recueillir les besoins. À accompagner.
C’est un métier de tissage. Et de traduction.
Entre le langage des OPCO, celui des entreprises, des jeunes, des financeurs et des organismes de formation.
C’est aussi un métier de soin.
Accompagner quelqu’un (ou une structure !) dans une reconversion, une embauche ou une montée en compétences, ce n’est pas qu’une affaire de programme. C’est une question d’écoute, de logistique, de confiance.
Avec Icifornie, ce métier prend une forme concrète et locale. La conciergerie s’installe au Kl’hub, cœur battant du projet.
On y accueille, on y oriente, on y co-construit les parcours avec l’Afept sur le volet ingénierie de formation.
C’est ici qu’on aide à rédiger une demande de financement, qu’on trouve une solution de covoiturage, qu’on met à disposition un véhicule, ou qu’on prend le temps de comprendre ce qui bloque.
Et c’est ici aussi qu’on expérimente un partage de valeur inédit entre tous les acteurs de la chaîne.
Trois niveaux de services y sont proposés, avec une répartition équitable des retombées économiques :
- J’accueille un apprenant (accueil logistique, animation de groupe, suivi humain) : 10 %
- Je gère l’administratif et le pédagogique (feuilles de présence, questionnaires, échanges avec l’OF) : 20 %
- Je source les besoins (formateurs, publics, entreprises, opportunités) : 30 %
À la fin, c’est un nouveau métier qu’on dessine. Celui de concierge de formation solidaire. Un artisan du lien, aux compétences multiples, ancré dans le territoire, centré sur les personnes et les besoins.
Un métier qui n’existait pas, et qu’on est en train d’inventer en marchant.
Une boussole pour demain
Ces deux innovations, la formation distribuée et la conciergerie de formation, ce sont des boussoles pour mieux vivre ensemble demain.
Elles permettent de structurer l’écosystème, de nouer de nouveaux partenariats, de partager les rôles et les responsabilités, de faire levier sur les atouts locaux.
Et surtout, elles redonnent envie d’apprendre.
Pas ailleurs. Ici.
Là où les gestes comptent, où les liens tiennent, où les canapés accueillent autant que les salles de classe.
Pour qui plante-t-on tout ça ?
Ce que l’on tisse ici ne s’adresse pas à un seul monde, mais à plusieurs.
C’est un entrelacs d’intérêts croisés, une économie du “gagnant local”.
Pour les personnes (jeunes en quête d’orientation, adultes en reconversion, parents isolés à réintégrer…), c’est une façon de se former sans partir, de grandir sans renoncer à ses attaches.
Pour les entreprises, c’est un moyen de faire monter en compétence leurs salariés, de trouver des profils adaptés, de devenir des lieux d’apprentissage à part entière, de pourvoir des métiers émergeants.
On ne leur vend pas un catalogue : on construit avec elles.
Pour les organismes de formation, c’est l’occasion d’élargir leur rayon d’action, de s’ancrer plus localement, d’innover sans être seuls. La conciergerie fluidifie, organise, accueille, relie.
C’est un partenaire autant qu’un prolongement.
Chacun y gagne en lisibilité, en efficacité, en ancrage.
Et tout le monde y gagne… en humanité et en solidarité.



